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Deux applications d’alerte, en Ukraine et en Russie, piratées en une nuit

· Rédaction BehindLines · Mis à jour le

Dans la nuit du dimanche 1er au lundi 2 novembre 2026, les applications officielles d’alerte du public ont diffusé de faux avertissements en Ukraine, puis en Russie. Selon l’armée de l’air ukrainienne, relayée par ABC News, l’application nationale d’alerte aérienne a affiché pendant un court moment de fausses menaces nucléaires, chimiques et de combats de rue visant Kyiv. Quelques heures plus tard, le ministère russe des Situations d’urgence a reconnu qu’une application comparable avait subi une attaque informatique. Aucune des deux enquêtes n’avait désigné de responsable avéré au moment des articles consultés.

Ce qui s’est passé côté ukrainien

Selon la transcription de Reuters, l’application Air Alert a commencé à envoyer ses messages erronés peu avant la fin de la trêve d’Oleshky. Ils évoquaient un risque de radiation, une menace chimique, une attaque nucléaire et des affrontements dans les rues de la capitale. Environ quinze minutes plus tard, l’armée de l’air a écrit sur plusieurs plateformes que l’application « semblait avoir subi une influence hostile » et qu’il n’existait « aucune menace radiologique ». Elle a invité la population à rester calme et à suivre ses canaux officiels.

Les concepteurs de l’application, qui l’ont réalisée avec le soutien du ministère de la Transformation numérique, ont évoqué une cyberattaque et ont suspendu temporairement les notifications, puis l’application elle-même. Le ministère a précisé que les autres moyens d’alerte, dont les sirènes, continuaient de fonctionner. L’armée de l’air a précisé, selon CBS News, que l’incident n’avait pas touché ses opérations de sécurité.

Selon Reuters, certains messages en russe affirmaient que tout le pays était en alerte nucléaire et évoquaient le missile Orechnik.

Une attaque signalée à Moscou, sans lien établi

Selon ABC, citant l’agence d’État TASS, le ministère russe des Situations d’urgence a déclaré que son application mobile, conçue pour avertir de menaces comme les drones, était visée par une « cyberattaque massive » et que des équipes travaillaient à la rétablir. CBS News ajoute, d’après les médias d’État russes, que de faux messages ont atteint des utilisateurs dans 33 régions. Ils annonçaient le lancement d’« ogives nucléaires » à travers le pays et conseillaient de constituer des réserves de nourriture pour trois semaines et de se réfugier en sous-sol. Le ministère aurait expliqué que les assaillants avaient exploité une faille du panneau d’administration, ce qui l’a conduit à déconnecter et isoler les services touchés. Ces éléments russes proviennent de sources officielles ou contrôlées par l’État et n’ont pas été vérifiés de façon indépendante.

Les médias consultés soulignent que l’on ignore si les deux incidents sont liés. Le Centre ukrainien de communication stratégique (SPRAVDI) a accusé la Russie dans un message sur X ; c’est une attribution ukrainienne, qu’ABC ne présente pas comme confirmée, et aucune réaction de Moscou à cette accusation n’est rapportée.

Le contexte : la fin d’une trêve locale

Les premiers faux messages ukrainiens ont précédé de quelques minutes la fin d’un cessez-le-feu limité autour d’Oleshky, ville de la région de Kherson occupée par la Russie depuis 2022. La pause avait commencé le 27 octobre ; ABC rappelle qu’elle avait permis l’entrée d’une aide humanitaire et le départ de centaines d’habitants. Selon Reuters, elle a expiré à la fin de cette soirée du 1er novembre. La proximité de ces événements ne prouve aucun lien entre la trêve et les attaques informatiques.

Du côté ukrainien, une haute personnalité citée par ABC (via l’AFP) affirme que la Russie a refusé de prolonger la trêve, et l’état-major ukrainien l’accuse de l’avoir utilisée pour relever et ravitailler ses troupes, d’après Reuters ; le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, répond que Kyiv a aussi pu s’en servir pour se regrouper, selon Reuters. Les attaques ont repris lundi sur Kherson, où un drone a blessé deux personnes dans un véhicule, selon les autorités locales. ABC rappelle aussi que des pourparlers russo-ukrainiens sous médiation américaine doivent reprendre ce mois-ci, après un gel quasi total depuis les frappes américano-israéliennes contre l’Iran en février.

Ce qu’il faut retenir

Le fait nouveau est l’incident informatique lui-même. La trêve d’Oleshky, commencée fin octobre, et le gel des négociations sont des éléments plus anciens, rappelés pour situer l’événement. Restent sans réponse l’identité des auteurs, le nombre de personnes ayant reçu les faux messages et le lien éventuel entre les deux attaques. L’épisode montre surtout la vulnérabilité d’outils de protection civile utilisés au quotidien, et l’importance de canaux d’information redondants comme les sirènes ou les messageries officielles.

Sources