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Portugal : campements évacués à l’aube, le logement reste en jeu

· Rédaction BehindLines

La mobilisation pour le logement au Portugal s’accompagne d’un conflit sur le maintien de tentes dans l’espace public. Dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre, la police est de nouveau intervenue au Rossio, à Lisbonne, et sur la place Dom João I, à Porto, après avoir demandé le retrait des campements, rapporte Euronews. Le communiqué de l’Acampada de Lisboa présente cette intervention à Lisbonne comme la troisième en moins de trois semaines.

Le logement reste la revendication centrale

Ces installations prolongeaient les marches du 31 octobre. Dans son suivi de cette journée, RTP rapporte les demandes des manifestants : davantage de logements publics, la remise en usage de bâtiments vacants et des loyers accessibles. Ils contestent également les changements envisagés dans la législation locative et les expulsions sans solution de relogement.

Les tentes matérialisent ainsi une revendication sur les conditions de vie. Leur présence nocturne est devenue un point de confrontation avec les autorités. Décrire leur évacuation ne suffit donc pas à expliquer le contenu de la mobilisation.

Ce que rapportent les médias sur la nuit

Selon Euronews et RTP, l’opération a commencé vers 4 h 30. La police (PSP) indique avoir retiré 69 structures à Lisbonne et 30 à Porto, interpellé 13 personnes pour désobéissance à l’ordre de dispersion et compter 13 policiers blessés. Euronews évoque environ 100 blessés au total dans les deux villes ; les 13 personnes interpellées ont ensuite été relâchées. À Porto, un policier en civil a sorti son arme ; la PSP parle de dissuasion et de légitime défense.

Des versions opposées sur l’intervention

Selon le suivi de RTP du 1er novembre, le ministre de l’Administration intérieure, Luís Neves, a déclaré que l’action policière n’était pas une décision politique et que la PSP dispose d’une autonomie technique. Il a jugé que l’intervention initiale n’avait pas été violente, estimé que tout usage d’une arme doit être justifié et indiqué que son poste reste à la disposition du premier ministre.

La police, de son côté, invoque une résistance active (bouteilles, artifices, peinture lancés contre les agents) et évoque une préméditation de la part de groupes organisés. Ce sont ses affirmations, que l’article n’a pas pu vérifier de manière indépendante.

Les organisateurs contestent cette présentation. Dans des communiqués attribués aux deux campements et reproduits par Indymedia, ils affirment avoir manifesté pacifiquement et dénoncent un usage injustifié de la force. Leur avocat, Ricardo Sá Fernandes, a annoncé une plainte pénale contre le ministre et le directeur national de la PSP pour abus de pouvoir, selon Euronews et RTP. Ces accusations sont celles des mouvements et de leur avocat ; elles ne constituent pas une décision de justice, et aucune enquête n’est ici rapportée.

Des contacts annoncés, sans issue acquise

RTP indique que le président António José Seguro a échangé avec le premier ministre et la médiatrice de la République. Sa présidence a également contacté des représentants des campements. La secrétaire d’État au Logement, Patrícia Gonçalves Costa, s’est déclarée disponible pour une rencontre. À Porto, le maire, Pedro Duarte, a invité les manifestants à une réunion le 3 novembre ; selon RTP, ils ont refusé.

Une disponibilité au dialogue ne signifie pas qu’un accord sur les loyers, les tentes ou les pratiques policières a été conclu. Ces comptes rendus du week-end documentent une crise sociale et des réponses institutionnelles encore distinctes ; ils ne permettent pas d’annoncer sa résolution.

Sources