Sahara occidental : la MINURSO s'éteint après un veto russe
· Rédaction BehindLines
La MINURSO, la mission de l'ONU qui surveillait depuis 1991 la trêve au Sahara occidental, a cessé ses activités le dimanche 1er novembre. Le Conseil de sécurité n'ayant trouvé aucun accord, son mandat n'a pas été prolongé. Selon Al Jazeera, le porte-parole de l'ONU, Stéphane Dujarric, a indiqué que le secrétaire général reste préoccupé par la situation sécuritaire sur l'ensemble du territoire ; Associated Press ajoute qu'il évoque un risque d'escalade des hostilités.
Un veto, puis un second rejet
Selon Al Jazeera, les États-Unis ont présenté un projet qui aurait reconduit la mission pour un an, retiré le mot « référendum » de son nom et fait du plan d'autonomie proposé par le Maroc la seule base des futures négociations. Onze des quinze membres du Conseil, dont la France et le Royaume-Uni, l'ont soutenu, mais la Russie a opposé son veto. Associated Press décrit ce texte différemment : il aurait appuyé la revendication de souveraineté du Maroc. Un texte concurrent présenté par Moscou, qui prévoyait de prolonger la mission, a ensuite été rejeté ; sans nouveau mandat, la force s'est arrêtée d'elle-même.
D'après Al Jazeera, l'ambassadeur russe Vassily Nebenzia a souligné que le Conseil ne peut pas trancher d'avance les questions de souveraineté. Toujours selon Al Jazeera, son homologue américain Mike Waltz a jugé « regrettable » qu'un veto serve, selon lui, à conserver la lettre « R » du sigle, et a estimé le statu quo inacceptable.
Des réactions opposées
Le palais royal marocain voit dans la non-reconduction une évolution importante, selon Al Jazeera ; Associated Press rapporte qu'il qualifiait la mission d'« instrument d'internationalisation » du différend. Toujours selon Associated Press, le Front Polisario, soutenu par l'Algérie, parle d'une décision « inacceptable » ; Al Jazeera le cite plutôt « préoccupé par l'impasse » au Conseil. Alger exprime un profond regret et dénonce le « parti pris excessif » des États-Unis en faveur du Maroc.
Ce qui change sur le terrain
Selon Associated Press, Stéphane Dujarric indique que le 1er novembre ouvre une période de liquidation : une équipe réduite, rattachée au Département de l'appui opérationnel, organise le retour des biens des pays contributeurs et la cession du matériel de l'ONU. Toujours selon Associated Press, la mission comptait jusqu'à 534 personnes autorisées, disposait d'un budget de plus de 62 millions de dollars pour 2026-2027, et vingt de ses membres sont morts en service. L'Égypte, le Ghana et le Pakistan fournissaient le plus de militaires.
Née en même temps que la trêve, la MINURSO devait préparer un vote d'autodétermination qui n'a jamais eu lieu, les deux camps ne s'accordant pas sur la liste des électeurs. L'Espagne s'est retirée du territoire en 1975, que le Maroc revendique depuis ; selon Associated Press, Rabat en administre aujourd'hui la quasi-totalité, hors une zone à l'est du mur de sable. Le Polisario s'est retiré du cessez-le-feu en 2020. Rabat et Alger ont rompu leurs relations diplomatiques en 2021, et Associated Press souligne que le départ des Casques bleus risque d'aggraver encore cette rivalité régionale. L'ONU dit rester disponible pour soutenir le dialogue.