Iran et États-Unis : diplomatie sous menace avant les élections américaines
· Rédaction BehindLines
À deux jours des élections américaines de mi-mandat, Téhéran et Washington avancent sur deux fronts à la fois : des contacts par l'intermédiaire de médiateurs et des avertissements militaires de plus en plus nets. La guerre, déclenchée le 28 février par des frappes américano-israéliennes, reste suspendue à la question du détroit d'Ormuz.
Des pourparlers indirects
Selon Al Jazeera, deux jours de discussions médiées par le Qatar ont eu lieu, vendredi à Téhéran puis samedi au Qatar. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré : « Nous sommes prêts à tous les scénarios. » Il ajoute, d'après Euronews, que l'Iran ne prévoit pas de rencontrer directement des responsables américains. D'après France 24, qui cite le Wall Street Journal, le vice-président américain JD Vance a écrit au chef de la sécurité iranienne, Mohsen Rezaei, à la demande de Donald Trump. Le Wall Street Journal a révélé cette lettre mercredi 28 octobre ; selon Euronews, Rezaei y voit un « très bon signe ».
Ormuz : de sept jours à deux
Téhéran avait proposé de rouvrir en partie le détroit au bout de sept jours ; Araghchi parle désormais de deux jours. Pour Negar Mortazavi, du Center for International Policy, cité par Al Jazeera, le blocage tient à l'ordre des gestes : chaque camp veut que l'autre agisse en premier. Rezaei réclame notamment la levée du blocus naval américain, des dérogations sur le pétrole, le dégel des avoirs iraniens et la reconnaissance d'un arrangement irano-omanais. Selon France 24, ce détroit voit normalement passer environ un cinquième du pétrole consommé dans le monde.
Des menaces de part et d'autre
Le guide suprême, Mojtaba Khamenei, a réuni samedi les chefs militaires et exigé une réponse « sans restriction géographique » à toute menace, d'après France 24 et Euronews. Le commandant des Gardiens de la révolution, Ahmad Vahidi, lui a dit que la production d'armes avait été multipliée par sept, rapporte Euronews. Côté américain, Marco Rubio assure, selon France 24, que Donald Trump « n'a pas pris de décision » sur de nouvelles frappes ; Al Jazeera indique que Trump a lui-même laissé entendre qu'une attaque pourrait venir après le scrutin du 3 novembre. Selon France 24, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu parle d'une occasion « historique » et unique de renverser le pouvoir iranien.
Une économie sous pression
Selon Al Jazeera, au moins quatre pétroliers auraient été touchés vendredi et samedi, et le UKMTO signale un transporteur de GPL frappé par trois projectiles à environ 74 km au sud de l'île de Lavan. Un rapport du Trésor américain, révélé par Axios, indique qu'aucun nouveau pétrole n'a été chargé dans les terminaux iraniens depuis le 25 août et que l'inflation approchait 90 % en septembre. Aucune des sources ne dit si un accord est proche.