Journalistes tués : l’impunité remonte à 86 % selon l’UNESCO
· Rédaction BehindLines
La lutte contre l’impunité des meurtres de journalistes marque un recul. Dans son rapport biennal présenté le 2 novembre, l’UNESCO estime que 86 % des affaires restent sans résolution judiciaire, contre 85 % lors du précédent bilan. L’UNESCO présente cette évolution comme la première hausse depuis 2012. Ce taux décrit le suivi des dossiers recensés : il ne constitue pas un bilan des seules victimes de 2024 et 2025.
Pour les années 2024 et 2025, l’organisation dénombre 189 journalistes tués. Le rapport distingue la mortalité récente du devenir des enquêtes. Une affaire encore ouverte entre dans le calcul de l’impunité lorsqu’elle demeure judiciairement non résolue.
Les conflits concentrent une grande part du danger : 127 des victimes recensées pour cette période ont été tuées dans ces zones. Les drones apparaissent comme une menace croissante, avec cinquante morts. Ce chiffre représente environ 40 % des décès en zone de conflit, et non 40 % de l’ensemble mondial. L’UNESCO relève aussi des attaques contre des lieux de travail et des centres temporaires utilisés par la presse.
La tendance diffère dans les pays sans conflit armé. L’organisation y mesure un taux d’impunité de 77 %, inférieur à celui observé en 2012. Cette évolution rappelle que les trajectoires varient selon les contextes. Les données disponibles ne permettent donc pas de résumer chaque pays à la dégradation du chiffre mondial. Elles invitent à examiner séparément la protection sur le terrain et les suites données aux enquêtes.
Le rapport accompagne la Journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre des journalistes. L’enjeu dépasse la sécurité individuelle des reporters : lorsque leur travail est empêché, le public perd des possibilités de s’informer. L’UNESCO appelle les gouvernements, les médias et la société civile à renforcer la prévention, la protection des personnes menacées et les poursuites contre les responsables d’attaques.