Allemagne, marches de jeunes « Gen Z regelt » suivies de violences nocturnes
· Rédaction BehindLines · Mis à jour le
Le samedi 31 octobre 2026, des jeunes ont manifesté dans plus de trente villes allemandes à l'appel de l'initiative « Gen Z regelt », que l'on pourrait rendre par « la Gen Z s'en charge ». Selon ZDF et le Tagesspiegel, les cortèges de la journée se sont déroulés en grande partie sans incident, mais des violences ont éclaté en soirée, surtout à Francfort et à Cologne. Les manifestations datent du 31 octobre ; les violences ont continué dans la nuit suivante. Les bilans cités datent du 1er novembre et restent provisoires.
Ce que réclament les manifestants
Selon ZDF, l'initiative demande davantage de moyens pour les écoles, pour l'aide aux personnes souffrant d'addictions et pour la psychothérapie, des mesures contre la hausse du coût de la vie, plus de justice sociale et plus de protection du climat. Elle rejette le retour d'un service militaire obligatoire et un renforcement de la surveillance par l'État. Le quotidien turc Hürriyet Daily News ajoute que des participants voulaient que l'éducation passe avant les dépenses militaires, s'opposaient à des projets de réformes de la santé et des retraites, et que des pancartes réclamaient la démission du chancelier Friedrich Merz ou exprimaient une solidarité avec la France ; selon ce média, certains participants portaient des keffiehs ou des drapeaux palestiniens en soutien aux habitants de Gaza. Il ajoute que des participants se réclamaient d'actions étudiantes menées en France, et que des mobilisations similaires avaient eu lieu en Belgique et en Italie.
Une lycéenne de 16 ans citée par Hürriyet explique que les fenêtres de son établissement ferment mal et que les enseignants manquent : un exemple concret du discours sur le sous-financement des écoles.
Des chiffres qui ne concordent pas
Le porte-parole du mouvement, Amadeo, a parlé de « cent mille » participants, selon ZDF et le Tagesspiegel. ZDF évoque pour sa part, dans son introduction, « des dizaines de milliers » de jeunes, sans citer de source de comptage. Hürriyet avance plus de 100 000 personnes sans en préciser l'origine. Aucun total policier national n'était disponible dans les sources consultées.
Par ville, le Tagesspiegel rapporte, selon la police : jusqu'à 3 500 personnes au départ place Rosenthaler à Berlin et jusqu'à 5 000 devant la porte de Brandebourg ; environ 5 000 à Munich. Les organisateurs berlinois, eux, annonçaient près de 10 000 personnes (Hürriyet). Pour Francfort, le Tagesspiegel mentionne environ 8 000 manifestants et, selon le ministre de l'Intérieur de Hesse, une centaine d'extrémistes de gauche mêlés au cortège. Hürriyet souligne par ailleurs que la participation a été inférieure aux attentes à Berlin et ailleurs, des organisations ayant retiré leur soutien initial ; l'organisation étudiante BSK et les Jusos, la jeunesse du SPD, invoquaient un manque de transparence. Les Verts et Die Linke ont soutenu les rassemblements, selon le même média.
Une soirée de violences
Francfort a connu les incidents les plus graves, selon ZDF : des personnes sont entrées dans des magasins du centre pour voler des baskets et d'autres articles, un magasin d'armes a été attaqué et pillé, des vitrines ont été brisées et des cocktails Molotov lancés sur des policiers. Deux armes ont été saisies, les forces spéciales (SEK) ont été engagées et la rue commerçante Zeil a été fermée. La police a fait état de 54 arrestations et de plus de 1 000 interdictions de rester sur place ; les personnes arrêtées avaient entre 13 et 29 ans. Les 30 interpellations d'abord rapportées par hessenschau sont devenues 54 dans son bilan suivant. Selon la police citée, pillages et violences de fin de cortège impliquaient des groupes distincts ; selon Poseck, les interpellés sont majoritairement de nationalité allemande. Le ministre hessois de l'Intérieur, Roman Poseck (CDU), a parlé de plus de 100 policiers blessés, dont un grièvement.
À Cologne, ZDF rapportait initialement une personne blessée et cinq placements en rétention policière. Le Tagesspiegel évoquait environ 200 personnes, dont une partie participait aux troubles. La police dénombre ensuite 23 policiers blessés sur toute la nuit et distingue des groupes d'Halloween sans lien alors établi avec les manifestants. À Berlin, ZDF signale des jets de bouteilles, de pétards et d'œufs ; le Tagesspiegel indique 56 interpellations et 27 policiers légèrement blessés, tandis que le rassemblement à la porte de Brandebourg a été qualifié de quasiment sans trouble. Cette appréciation policière d'un déroulement « pas tout à fait pacifique » concernait la manifestation achevée sur la Prenzlauer Allee. Des barricades en feu ont été signalées à Hambourg, et des incidents à Hanovre et Brême ; à Munich, le Tagesspiegel recense 84 plaintes enregistrées. Ces bilans concernent des villes et des périmètres différents et ne doivent pas être additionnés.
Réactions
Le ministre fédéral de l'Intérieur, Alexander Dobrindt, a qualifié les violences de « Landfriedensbruch » (atteinte à la paix publique), réclamé des peines sévères et affirmé, selon ZDF, que des « groupes de gauche prêts à la violence » et des « migrantische Chaoten » (« fauteurs de troubles migrants ») avaient « détourné » les manifestations ; il a jugé l'action de la police « hautement professionnelle » et désescaladante. Roman Poseck a estimé à 1 000 à 1 500 le nombre de personnes violentes, selon lui venues « majoritairement d'un milieu migrant ». Le maire de Francfort, Mike Josef, a rappelé que beaucoup de policiers chargés de protéger la ville avaient eux-mêmes une origine migratoire et avaient été pris pour cibles. Ces attributions d'origine sont celles des responsables cités ; les sources consultées ne les étayent pas par des chiffres.
Avant les violences les plus graves, Andreas Roßkopf (GdP) jugeait les protestations très pacifiques, tout en évoquant des débordements de groupes en partie masqués après certains rassemblements. Le chercheur Florian Staudt a mis en garde contre le fait de traiter tous les manifestants comme suspects. Amadeo affirme que l'initiative n'a eu aucune influence sur les événements après la fin des rassemblements et annonce une nouvelle mobilisation dans environ trois semaines.
À retenir
Cet article daté du 3 novembre revient sur les manifestations du 31 octobre et les violences de la nuit suivante, à partir de sources des 31 octobre et 1er novembre. Il ne constitue pas un suivi exhaustif des développements ultérieurs. Les chiffres de participation, d'arrestations et de blessés varient selon les sources et pourront être révisés par les communiqués officiels de la police.