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Google annonce la première réponse du prototype Suncatcher en orbite

· Rédaction BehindLines · Mis à jour le

Google a annoncé le 30 octobre la première réponse de son prototype Suncatcher depuis l'orbite. Le lancement du satellite, lui, remonte au 1er octobre : seule l'annonce du résultat est récente.

Ce que Google a annoncé

Dans un billet daté du 30 octobre, Travis Beals, directeur senior de l'équipe « Paradigms of Intelligence », explique que le prototype du projet Suncatcher a terminé sa phase de mise en service après son lancement. Les équipes ont allumé l'ordinateur hôte et les plateaux de TPU, puis mené de premiers essais d'apprentissage automatique. Selon Google, l'étape dite « Hello World » a été franchie lors d'un passage au-dessus d'une station au sol : une consigne a été envoyée au modèle ouvert Gemma 4 embarqué, qui devait écrire un haïku sur l'espace. Le poème est revenu sur Terre pendant que le satellite survolait le Svalbard, en Norvège. L'équipe a ensuite testé des limericks sur le thème spatial et des requêtes demandant l'état technique de la charge utile.

Le contexte : un projet de recherche, pas un service

Le prototype est parti le 1er octobre avec la mission de covoiturage Transporter-18 de SpaceX, depuis la base de Vandenberg, en Californie, en partenariat avec Planet. D'après le site GCN, le satellite embarque quatre TPU de génération Trillium, alimentés par des panneaux solaires d'environ un kilowatt, et refroidis par des caloducs et des radiateurs faute d'air dans le vide. GCN indique aussi qu'il fonctionne par séquences d'environ quinze minutes, avec un arrêt thermique pour refroidir ensuite. Ces détails ne figurent pas dans le billet de Google ; GCN évoque en outre des modèles Gemini, alors que Google parle de Gemma 4. Nous retenons donc la version de Google pour le modèle.

Le but est d'évaluer si l'énergie solaire abondante de l'orbite peut un jour alimenter du calcul à grande échelle. Aucun calendrier commercial n'a été annoncé, selon GCN.

Une réussite symbolique, des questions techniques

Le média The Register, qui a publié le récit le 31 octobre, relativise la portée du test : un haïku d'une vingtaine de jetons coûterait environ 0,000012 dollar via l'API de Google Cloud, ce qui montre que le coût de la démonstration tient surtout au matériel et au lancement. Le journal estime la masse du satellite à environ 500 kilogrammes, une extrapolation à partir de celle des satellites Starlink et non un chiffre confirmé.

Le même article rapporte des éléments tirés des travaux de Google sur la radiation. La mémoire à large bande passante a montré des irrégularités après une dose cumulée de 2 krad(Si), soit environ trois fois l'exigence minimale de 750 rad(Si) fixée par Google. Les chercheurs notent une corruption silencieuse de données environ tous les 17 rad ; avec une dose orbitale estimée à 150 rad(Si) par an, Google estime, selon The Register, une défaillance pour environ trois millions d'inférences, à raison d'une par seconde. Selon les chercheurs de Google, ce taux est « probablement acceptable pour l'inférence », tandis que l'effet sur l'entraînement et l'efficacité des parades « demande une étude plus poussée ».

Côté économie, Google calcule que le coût de lancement devrait tomber vers 200 dollars le kilo pour rivaliser avec l'électricité des centres de données terrestres, un niveau que l'entreprise juge atteignable vers 2035 par SpaceX, rapporte The Register.

La suite

Google prévoit d'abord des essais de tenue thermique et de rayonnement en orbite, puis, en 2027, deux satellites interconnectés par liens laser. Une constellation plus vaste reste une perspective, non un engagement : ce premier échange prouve qu'une puce de ce type peut répondre depuis l'orbite, pas qu'elle y travaillera durablement.

Sources