Adaptation au climat : le PNUE chiffre à 305 milliards par an le besoin du Sud
· Rédaction BehindLines
Le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) a publié le 4 novembre 2026 son rapport sur l'écart d'adaptation. Les pays en développement auraient besoin d'environ 305 milliards de dollars par an d'ici 2035 pour s'adapter au climat, alors que les financements publics internationaux restent très loin de ce niveau.
Les chiffres du rapport
Selon UN News, le financement public international de l'adaptation a atteint entre 28,2 et 31,7 milliards de dollars en 2024, soit environ un milliard de plus qu'un an plus tôt ; la hausse ralentit. L'agence Anadolu donne les mêmes montants. Le chiffre de 305 milliards exclut les besoins du secteur privé : selon UN News, la facture réelle pourrait donc être près de deux fois plus élevée.
Même un triplement ne suffirait pas
Les deux sources rapportent que tripler ces financements d'ici 2035, objectif convenu à la COP30 au Brésil, ne couvrirait que 20 à 29 % des besoins. UN News précise que cela représenterait 85 à 120 milliards de dollars par an après inflation. Le rapport note par ailleurs que l'objectif de Glasgow (doubler à 40 milliards de dollars d'ici 2025 par rapport à 2019) pourrait encore être atteint, et que les flux Sud-Sud sont passés de 3,8 milliards en 2019 à 9,6 milliards en 2024.
Le message de la directrice du PNUE
Inger Andersen, directrice exécutive du PNUE, estime que le monde n'est pas prêt à s'adapter aux conditions actuelles, encore moins à un dépassement de 1,5 °C. Elle appelle les gouvernements réunis à la COP31, qui s'ouvre la semaine prochaine à Antalya (Turquie) selon UN News, à relever leur soutien. Selon Anadolu, le PNUE ajoute que l'argent seul ne suffira pas : il faut aussi de meilleures institutions, une meilleure coordination et des procédures de financement plus simples. Anadolu relève enfin que le premier appel du fonds pour les pertes et préjudices a reçu 2,8 milliards de dollars de demandes pour une enveloppe initiale de 342 millions.
Ce qui reste inconnu
Le rapport est une estimation : les besoins réels dépendent du niveau de réchauffement et des coûts, et la part du secteur privé n'est pas chiffrée. On ne sait pas encore si la COP31 retiendra des engagements plus ambitieux.