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Brésil : après la victoire de Lula, les fonds indiciels plongent

· Rédaction BehindLines

Les premiers signaux de marché après le second tour brésilien du dimanche 25 octobre sont nettement négatifs. Selon investingLive, qui s'appuie sur Reuters, un fonds coté à Tokyo et répliquant l'indice Bovespa a perdu près de 15 % lundi pendant la séance asiatique. Aux États-Unis, d'après CNBC, le fonds iShares MSCI Brazil (EWZ), le plus suivi des fonds indiciels sur le pays, a reculé de près de 20 % dans les échanges de nuit.

Ces mouvements répondent à la victoire du président sortant Luiz Inácio Lula da Silva, qui obtient un quatrième mandat face au sénateur Flávio Bolsonaro, avec environ 51,8 % des suffrages valides. Son adversaire refuse de reconnaître sa défaite et dit vouloir demander l'annulation du scrutin, ce qui ajoute une incertitude politique aux inquiétudes économiques.

Pourquoi une telle réaction ? Une partie des investisseurs avait parié sur une alternance. CNBC explique que le camp Bolsonaro passait pour plus enclin à l'austérité budgétaire et à la déréglementation, deux orientations appréciées des marchés, alors que la dette et le déficit publics restent un sujet de préoccupation au Brésil. Ces positions prises avant le vote doivent maintenant être dénouées, d'où l'ampleur des baisses.

Il faut toutefois lire ces chiffres avec prudence. Le fonds japonais est peu échangé, et investingLive le présente comme une indication précoce, obtenue sur de faibles volumes. Le véritable test viendra à l'ouverture de la Bourse de São Paulo (B3), lundi à 10 heures, heure de Brasília (13 heures GMT), et sur le marché des changes, où le réal devrait être sous pression face au dollar. La B3 prévoit une suspension automatique de 30 minutes si l'Ibovespa chute de 10 % dans la journée.

Ce que cela change, et pour qui : les épargnants et les fonds exposés au Brésil, en Amérique comme en Asie, encaissent une perte immédiate sur le papier. Pour les entreprises brésiliennes qui s'endettent en dollars ou importent, un réal plus faible renchérit les coûts. Pour le gouvernement, la priorité sera de rassurer sur sa trajectoire budgétaire, notamment par le choix de son équipe économique. La banque centrale pourrait aussi être scrutée si la monnaie décroche fortement. Les cours de lundi soir diront si la baisse observée à l'étranger se confirme ou s'atténue.

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