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Santé : ce que les moyennes nationales laissent dans l’ombre

· Rédaction BehindLines

L’OMS annonce pour le 22 octobre un webinaire de présentation de son rapport mondial sur les inégalités face aux maladies non transmissibles et à leurs facteurs de risque. Le rendez-vous invite à regarder derrière un indicateur familier : la moyenne nationale.

Un chiffre, plusieurs situations

La notice du rapport OMS, datée du 20 octobre, signale des écarts d’accès à la prévention et aux traitements, variables selon les pays et les groupes. Elle relève aussi des données comparables manquantes.

Une moyenne décrit un ensemble, pas chacun de ses membres. Imaginons deux territoires ayant le même taux global d’accès à un service. Dans le premier, les différents groupes pourraient avoir des taux proches ; dans le second, certains pourraient être beaucoup mieux servis que d’autres. Cet exemple est fictif : il explique une limite du chiffre agrégé, sans représenter les résultats du rapport.

Le dispositif de suivi des inégalités de l’OMS distingue les différences mesurables entre groupes et l’objectif d’équité, défini par l’absence d’écarts injustes, évitables ou auxquels il est possible de remédier. Mesurer un écart et choisir comment y répondre sont donc deux étapes à examiner séparément.

Relier les données aux services

Sur une page de résultats de ses projets en Amérique latine et aux Caraïbes publiée en juin, la Banque mondiale décrit des obstacles d’accès pour les communautés rurales et à faibles revenus et souligne le rôle des soins primaires. Ce contexte ne constitue pas une confirmation indépendante des résultats mondiaux de l’OMS.

Pour lire ce type d’information, plusieurs questions se suivent : quel service est mesuré, pour quelle population et à quelle période ? Une différence entre groupes ne suffit pas, à elle seule, à désigner une cause. Une case vide ne prouve pas davantage l’absence de problème.

L’intérêt de cette lecture est concret : distinguer l’évolution d’un total et la manière dont cette évolution se répartit. Un progrès national peut appeler un examen plus précis avant de conclure que chaque groupe en bénéficie.

Le webinaire du 22 reste un événement annoncé, sans compte rendu à ce stade. Sa date n’est pas celle de la première publication du rapport. L’enjeu est de comprendre qui apparaît dans les chiffres et qui risque de rester invisible.

Sources