Lait remplacé par des boissons végétales non enrichies : risque de carence en iode
· Rédaction BehindLines
Remplacer les produits laitiers par des alternatives végétales non enrichies pourrait entraîner des carences en certains nutriments, en particulier l'iode, selon une étude de modélisation publiée le 4 novembre 2026 dans The Lancet Planetary Health, d'après le communiqué diffusé par EurekAlert.
Selon ce communiqué, l'équipe, dirigée par Sarah Bath de l'Université de Surrey (Royaume-Uni), avec Katie Nicol et Anne Nugent (Queen's University Belfast), a utilisé les données de l'enquête nationale britannique sur l'alimentation (National Diet and Nutrition Survey) portant sur plus de 3 500 personnes âgées de 18 mois à 100 ans. Elle a simulé le remplacement du lait, du yaourt et du fromage par des alternatives végétales et examiné quatre micronutriments : l'iode, le calcium, la riboflavine et la vitamine B12. Il s'agirait de la première étude de ce type au Royaume-Uni.
L'iode est le nutriment le plus sensible. Selon le communiqué, remplacer 20 à 35 % des produits laitiers par des alternatives non enrichies ferait passer la part d'adolescentes avec des apports insuffisants de 54 % à 65 %, et celle des femmes de 19 à 49 ans de 32 % à 42 %. Avec un remplacement complet, l'insuffisance atteindrait 80 % chez les adolescentes et 72 % chez les adolescents.
L'enrichissement obligatoire des alternatives végétales empêcherait la baisse des apports pour les nutriments étudiés, mais l'insuffisance en iode resterait de 59 % chez les adolescentes. Ajouter du pain enrichi en iode la ramènerait à 37 % ; les auteurs concluent que la combinaison des deux mesures est la plus efficace. Sarah Bath déclare que le Royaume-Uni est particulièrement vulnérable car il n'a pas de politique d'enrichissement en iode.
Le contexte est connu : selon un communiqué de l'Université de Surrey d'août 2024, un rapport de l'OMS Europe et de l'Iodine Global Network, dont Sarah Bath est coautrice, notait que beaucoup de boissons au soja ou à l'avoine ne sont pas enrichies en iode et que le Royaume-Uni n'a pas de politique d'iodation du sel.
Ce qui reste inconnu : il s'agit d'une modélisation avec des scénarios hypothétiques, pas d'une mesure des apports réels. Les produits de remplacement sont tirés au hasard parmi ceux du marché, avec une chance égale, car la teneur varie, et les résultats valent pour le contexte britannique. Nous n'avons pas lu l'article complet.