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À Madagascar, les collections révèlent des roussettes plus petites

· Rédaction BehindLines

Des crânes conservés en musée éclairent un changement chez les roussettes de Madagascar. Une étude publiée le 29 octobre dans le Journal of Mammalogy décrit une diminution de plusieurs dimensions crâniennes chez Pteropus rufus. Les chercheurs rapprochent cette évolution du développement de la chasse commerciale, tout en conservant une réserve sur la causalité.

Comparer des animaux séparés par des décennies

Le résumé de l'article explique que l'analyse repose sur des mesures crâniennes et dentaires de spécimens couvrant plus de 150 ans. Elle examine aussi les différences liées à l'âge, afin de ne pas confondre un changement de morphologie avec la seule présence de davantage de jeunes animaux.

Plusieurs mesures du crâne diminuent chez les adultes. Les dents présentent une évolution moins uniforme : la plupart des caractères étudiés baissent, tandis qu'un autre augmente. L'ensemble ne se résume donc pas à une réduction identique de toutes les parties mesurées.

Dans sa communication du 29 octobre, également reprise par Phys.org, le Field Museum précise que les auteurs ont examiné 121 spécimens de neuf musées américains et européens. Emily Cornelius Ruhs y décrit une baisse marquée à partir d'environ 1980.

La chasse constitue une piste, pas une cause isolée démontrée

Ruhs indique que cette période correspondrait à une commercialisation accrue de la chasse. Elle avance une explication possible : les grands individus pourraient être des cibles plus visibles et fournir davantage de viande.

Elle précise toutefois que le travail établit une corrélation, sans démontrer explicitement que la chasse a causé la diminution. La déforestation, le climat ou les changements dans la disponibilité saisonnière des fruits pourraient aussi intervenir.

L'enjeu dépasse la forme du crâne. Le résumé rappelle que ces chauves-souris dispersent des graines et se reproduisent lentement. Les auteurs demandent une protection renforcée, un suivi et une évaluation formelle de la viabilité des populations. Ces résultats alertent sur des pressions cumulées ; ils ne constituent ni un décompte actuel de toute l'espèce ni une prévision chiffrée de sa disparition.

Sources