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El Niño, du signal climatique au risque alimentaire

· Rédaction BehindLines

L’alerte sur El Niño ne se limite pas à la température du Pacifique. Le 21 octobre, l’Organisation météorologique mondiale a appelé à préparer l’action humanitaire. Le 22, une analyse publiée par l’université d’Oxford examine comment les risques climatiques pourraient se transmettre à l’alimentation.

Une prévision ne décrit pas chaque récolte

Selon la secrétaire générale de l’OMM, Celeste Saulo, le réchauffement des eaux du Pacifique tropical pourrait atteindre 3,8 °C au-dessus de la moyenne entre novembre 2026 et janvier 2027. Ce chiffre concerne la mer et une période future ; il ne mesure pas une hausse déjà constatée des températures partout dans le monde.

L’organisation distingue des situations régionales : davantage de pluie est possible dans certaines parties de l’Afrique de l’Est, tandis que des conditions plus sèches pourraient peser sur l’Afrique australe à partir de novembre. Elle précise que ces perspectives saisonnières doivent être complétées par les prévisions nationales et régionales.

Le climat rencontre des fragilités existantes

Le réseau FEWS NET situe lui aussi les risques alimentaires dans leur contexte. Sa synthèse sur El Niño associe les effets attendus sur les pluies aux chocs antérieurs et aux difficultés d’approvisionnement. La préoccupation est élevée en Afrique orientale et australe, mais les aléas diffèrent : pluies déficitaires dans l’ouest, le nord et le centre de l’Éthiopie, inondations dans l’est de la Corne de l’Afrique, chaleur et manque de pluie au Sud. Pour l’Afrique de l’Ouest, FEWS NET ne retient pas de signal régional général et privilégie un suivi local.

Cette grille présente des risques projetés, pas un bilan de pertes déjà observées. Elle ne permet pas d’attribuer automatiquement une difficulté agricole particulière à El Niño.

À Oxford, un appel à anticiper

Dans le commentaire daté du 22, Paul Behrens, professeur à l’Oxford Martin School, estime que les tensions sur l’énergie, les engrais et les transports peuvent amplifier un choc climatique sur l’alimentation. Il défend une préparation aux perturbations combinées, plutôt qu’un examen de chaque risque séparément.

Son texte est une analyse d’expert, pas l’annonce d’une nouvelle pénurie. L’OMM décrit un aléa climatique ; FEWS NET et Behrens examinent des vulnérabilités et leurs conséquences possibles. Leur rapprochement décrit comment ces organismes et cet expert relient l’aléa climatique aux vulnérabilités, sans transformer ces scénarios en résultats acquis.

Sources