Cancer de l’endomètre avancé, un médicament ciblé associé à une survie plus longue
· Rédaction BehindLines · Mis à jour le
Un essai international de phase 3, baptisé TroFuse-005, indique que le sacituzumab tirumotecan (« sac-TMT ») a donné de meilleurs résultats que la chimiothérapie chez des femmes atteintes d’un cancer de l’endomètre avancé ou récidivant déjà traité. Les résultats ont été présentés au congrès de la Société européenne d’oncologie médicale (ESMO) et publiés dans The Lancet : NYU Langone situe la présentation au 26 octobre 2026. La couverture grand public la plus récente, celle de Medical News Today, date du 2 novembre ; l’annonce scientifique, elle, a donc une semaine.
Le médicament et la maladie
Le sac-TMT est un conjugué anticorps-médicament : un anticorps qui reconnaît la protéine Trop-2, présente en grande quantité à la surface de nombreuses cellules de ce cancer, est relié à une molécule cytotoxique de type inhibiteur de la topoisomérase I. Selon Medical News Today, le lien est conçu pour rester stable dans le sang et libérer sa charge à l’intérieur de la cellule tumorale, avec un possible effet sur les cellules voisines. Le cancer de l’endomètre touche la muqueuse de l’utérus. Selon une médecin citée par NYU Langone, on estime à environ 68 000 les nouveaux cas de cancers de l’utérus aux États-Unis en 2026, avec plus de 14 000 décès par an.
Ce que montre l’essai
Selon l’ASCO Post et Medical News Today, 776 patientes ont été réparties au hasard entre le sac-TMT (386) et une chimiothérapie au choix du médecin, par exemple la doxorubicine ou le paclitaxel (390). Selon le promoteur Merck, elles avaient reçu une chimiothérapie à base de platine et une immunothérapie anti-PD-1 ou anti-PD-L1, ensemble ou séparément. L’essai a été mené dans plus de 200 centres de 29 pays. NYU Langone décrit l’absence de traitement de référence établi dans cette situation.
Le sac-TMT a amélioré les deux critères principaux, les survies sans progression et globale, ainsi que le taux de réponse objective, critère secondaire clé. Chiffres rapportés par l’ASCO Post :
- survie sans progression : médiane de 7,2 mois contre 3,9 mois, soit un risque de progression ou de décès réduit de 41 % (rapport de risque 0,59 ; intervalle de confiance à 95 % de 0,50 à 0,70) ;
- survie globale : médiane de 19,0 mois contre 12,1 mois (rapport de risque 0,68 ; intervalle de 0,55 à 0,84), soit environ sept mois de plus ;
- taux de réponse objective : 35,1 % contre 17,3 %, avec une durée médiane de réponse de 11,1 mois contre 6,9 mois.
La qualité de vie déclarée par les patientes est restée stable dans le temps, précisent les sources.
Effets indésirables et limites
Les événements indésirables de grade 3 ou plus liés au traitement sont plus fréquents avec le sac-TMT : 54,4 % contre 41,4 %, selon l’ASCO Post, l’anémie faisant partie des effets rapportés. Les autres effets cités sont une baisse des globules blancs, des inflammations de la bouche et des yeux secs ou qui démangent. Medical News Today rapporte des arrêts pour effets indésirables liés au traitement dans 3,1 % des cas sous sac-TMT contre 4,9 % sous chimiothérapie. Les décès liés au traitement sont de 0,8 % dans chaque groupe.
Plusieurs réserves s’imposent. Le recul médian n’est que de 14 mois, donc l’analyse de survie est encore précoce. L’étude est financée par Merck & Co., qui fabrique à la fois le sac-TMT et le pembrolizumab, et la chercheuse principale, Bhavana Pothuri, déclare des liens financiers avec l’industrie, que NYU Langone dit gérer selon ses règles. La sécurité à plus long terme reste à évaluer, et l’intérêt du médicament dans d’autres cancers exprimant Trop-2 n’est qu’une hypothèse.
Réactions et suite
Selon NYU Langone, Bhavana Pothuri estime que ces données établissent le sac-TMT comme un nouveau traitement de référence en cas de récidive et que les recommandations cliniques devront être réexaminées. Domenica Lorusso, de l’université Humanitas de Milan, citée par Medical News Today, parle de résultats « hautement significatifs » et indique que l’agence américaine FDA a accepté d’examiner la demande d’autorisation en procédure prioritaire. L’acceptation d’un dossier en examen prioritaire par la FDA ne constitue pas une autorisation de mise sur le marché. Cet article rend compte d’un essai clinique unique ; il s’agit d’information générale.