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Mélanome : le vaccin ARNm de Moderna et Merck réduit les rechutes

· Rédaction BehindLines

Un vaccin à ARN messager conçu sur mesure pour chaque patient a réduit le risque de rechute du mélanome dans un essai de phase 3, le dernier stade avant une demande d'autorisation. Les résultats complets de l'essai INTerpath-001 ont été présentés le samedi 24 octobre au congrès de la Société européenne d'oncologie médicale (ESMO), à Madrid, par l'oncologue australienne Georgina Long.

L'essai a porté sur 1 137 personnes opérées d'un mélanome de stade IIB à IV, donc à haut risque de récidive. Deux tiers ont reçu l'intismeran autogène, le produit de Moderna, en plus du pembrolizumab (Keytruda) de Merck ; les autres ont reçu le pembrolizumab avec un placebo. Selon Merck, l'association a diminué de 42 % le risque de rechute ou de décès après un suivi médian d'environ deux ans. À 24 mois, 82,2 % des patients du groupe vacciné restaient sans récidive, contre 70,0 % dans le groupe témoin. Le risque de métastases à distance ou de décès a baissé de 38 %. La survie globale n'est pas encore assez mûre pour conclure, et le vaccin n'a pas ajouté d'effets indésirables immunitaires notables.

Les courbes ne se séparent qu'après environ six mois, une fois le schéma de vaccination achevé. Le calendrier a aussi été bousculé : après une fuite, les deux entreprises ont publié les données dès le jeudi, avant la date prévue, rapporte Fierce Biotech. Les résultats ont été acceptés pour publication dans le New England Journal of Medicine.

Le principe : on séquence la tumeur retirée lors de l'opération pour repérer ses mutations propres, puis on fabrique un ARN qui apprend au système immunitaire à reconnaître ces cibles. L'immunothérapie, elle, lève les freins qui empêchent les lymphocytes d'attaquer.

Pourquoi c'est important : selon STAT, c'est le premier succès en phase 3 d'un vaccin thérapeutique personnalisé contre le cancer et d'un traitement anticancéreux à ARN messager. Des laboratoires cherchent désormais à appliquer l'approche à d'autres tumeurs. La Bourse s'est montrée plus réservée : les actions des deux groupes ont reculé, une partie des analystes jugeant le critère secondaire moins bon qu'espéré, d'après BioPharma Dive.

Pour les patients, rien ne change encore : le produit n'est autorisé nulle part et les entreprises doivent soumettre ces données aux autorités sanitaires. Sa fabrication, propre à chaque malade, pose aussi des questions de délai et de coût, que l'essai ne tranche pas.

Sources