Des coquilles broyées atténuent l’acidité autour de jeunes palourdes
· Rédaction BehindLines
Des fragments de coquilles peuvent modifier le milieu où grandissent de jeunes palourdes. Une étude publiée le 29 octobre dans Biogeosciences et présentée par l’université de Californie à Davis examine cet effet dans le sable, à l’échelle d’une expérience de laboratoire. Elle porte sur Leukoma staminea, un bivalve du Pacifique nord-américain.
Pendant 90 jours, les chercheurs ont comparé quatre conditions : de l’eau témoin ou acidifiée, au-dessus d’un sédiment contenant ou non des coquilles broyées. Ce croisement permet de distinguer l’effet de l’acidification de celui de l’ajout au sable. Il évite de comparer seulement deux situations qui différeraient sur plusieurs points à la fois.
Les fragments ont augmenté le pH de l’eau présente entre les grains du sédiment. Les résultats indiquent une atténuation partielle des effets de l’acidification sur la croissance. L’équipe a aussi étudié l’activité des gènes dans le tissu qui participe à la formation de la coquille. Ce volet concerne l’expression des gènes ; il ne décrit pas une réparation de l’ADN.
L’université rappelle que l’ajout de coquilles aux sédiments s’inscrit dans des pratiques autochtones de gestion du littoral. L’expérience cherche donc à éclairer un mécanisme, plutôt qu’à présenter ce geste comme une invention récente sans histoire.
La publication souligne toutefois la faible réplication du dispositif et les différences initiales de taille entre les animaux. Ces limites compliquent l’interprétation des mesures de croissance. Un effet local dans le sédiment ne démontre pas qu’une opération identique réussirait sur toutes les plages.
Pour juger d’une application, il faudra vérifier le contexte écologique, la durée des effets et les conditions du terrain. Cette étude apporte une piste de recherche sur l’habitat de certains coquillages. Elle ne constitue ni un bilan de restauration du littoral ni une solution à l’acidification de l’ensemble des océans.